Alalu transmet les nouvelles à Nibiru et réclame le trône
Anu, stupéfait, soumet la question au Conseil royal
Enlil, le fils héritier d’Anu, suggère d’aller vérifier sur place
Ea, premier né d’Anu et beau-fils d’Alalu, est désigné à sa place
Ea équipe ingénieusement le vaisseau spatial pour le voyage
Le vaisseau, piloté par Anzu, transporte cinquante héros
Surmontant les dangers, les Anunnakis sont transportés de joie à la vue de la Terre
Guidés par Alalu, ils s’écrasent dans l’eau et regagnent la rive Eridu, la « Maison construite au lointain », est construite en sept jours
L’extraction de l’or présent dans l’eau commence
Bien que la quantité soit minime, Nibiru exige livraison
Le pilote Abgal choisit le vaisseau d’Alalu pour effectuer le voyage
Les armes nucléaires interdites sont découvertes dans le vaisseau
Ea et Abgal emportent les Armes de la Terreur et les cachent
Connexion entre la Terre et Mars (représentation datant de 2500 av. J.-C.)
Le sort de Nibiru est entre mes mains. Vous devez vous plier à mes exigences! Tels sont les mots qu’Alalu transmit à Nibiru depuis la Terre.
Lorsque les paroles d’Alalu furent rapportées à Anu, le roi, celui-ci fut abasourdi.
Les conseillers, les sages, tous étaient surpris.
– Alalu n’est pas mort? Se pourrait-il qu’il vive dans un autre monde? se demandaient-ils sans y croire.
– Ne serait-il pas plutôt servi du vaisseau pour aller se cacher quelque part sur Nibiru?
Les commandants des vaisseaux furent convoqués, et les savants analysèrent les mots qui leur étaient parvenus.
Ils découvrirent que ces mots n’avaient pas été prononcés sur Nibiru, qu’ils venaient d’au-delà du Bracelet Martelé.
Ils firent part de leur découverte à Anu, qui n’en revenait pas.
– Faisons savoir à Alalu que nous lui sommes reconnaissants, déclara-t-il à l’assemblée.
L’ordre fut transmis au centre spatial et les mots suivants furent envoyés à Alalu:
– Alu, le roi, te salue. Il est heureux de te savoir sain et sauf. Il n’était pas nécessaire que tu quittes Nibiru, Anu ne te considère pas comme un ennemi.
Si tu as véritablement découvert l’or, Nibiru est sauvée!
Les mots d’Anu atteignirent le vaisseau d’Alalu, qui s’empressa de répondre:
– Si je suis votre sauveur, si vous voulez que j’épargne vos vies, convoquez l’assemblée des princes.
Qu’ils déclarent ma lignée suprême!
Que les commandants fassent de moi leur chef et obéissent à mes ordres!
Que le Conseil me déclare roi, qu’Anu me cède le trône!
Lorsque les paroles d’Alalu furent entendues sur Nibiru, elles provoquèrent une grande consternation.
– Comment Anu pourrait-il être déchu?
– Et si Alalu se jouait de nous?
– Où s’est-il réfugié?
– A-t-il vraiment trouvé l’or? se demandaient les conseillers.
Ils convoquèrent les sages et demandèrent conseil.
Le plus âgé d’entre eux prit la parole:
– J’ai été le maître d’Alalu! dit-il.
Il a étudié les enseignements du Commencement et la Bataille Céleste.
Il a entendu parler du monstre d’eau Tiamat et de ses veines d’or.
S’il est parti au-delà du Bracelet Martelé, c’est sur Terre, la septième planète, qu’il s’est réfugié!
Dans l’assemblée, un prince prit la parole. Fils d’Anu, il était aussi celui de son épouse Antu.
Son nom était Enlil, le Seigneur-qui-commande. Il incitait à la prudence:
– Alalu n’est pas en mesure de nous imposer ses conditions.
Il a causé des catastrophes et perdu le trône en combat singulier.
S’il a vraiment trouvé l’or de Tiamat, qu’il le prouve.
Est-ce suffisant pour protéger notre atmosphère?
Comment l’or peut-il être rapporté à Nibiru à travers le Bracelet Martelé?
De nombreux autres posèrent des questions.
Tous s’accordaient pour réclamer des preuves substantielles, des réponses.
Les paroles de l’assemblée furent transmises à Alalu.
Alalu réfléchit et accepta de partager ses secrets.
Il raconta sans mentir son voyage et les dangers affrontés.
Il retira les cristaux internes du Testeur de la sonde et les inséra dans l’émetteur afin de communiquer ses trouvailles à Nibiru.
– Maintenant que vous avez suffisamment de preuves, proclamez-moi roi, obéissez à mes ordres! ordonna-t-il.
Les sages étaient horrifiés.
Avec les Armes de la Terreur, Alalu avait accentué la dévastation de Nibiru. C’est aussi avec elles qu’il s’était frayé un chemin à travers le Bracelet!
– Nibiru passe dans cette région à chacune de ses révolutions. Alalu ne fait que provoquer des catastrophes!
Le Conseil était consterné. Changer de roi n’est pas une simple formalité.
Anu n’était pas seulement roi par le sang, il avait aussi gagné le trône en combat singulier.
Dans l’assemblée des princes, un fils d’Anu prit la parole.
Il était connu par les sages pour son bon sens.
Il était le maître des secrets des eaux, son nom était E.A., Celuiqui-vient-de-l’Eau.
Il était le premier-né d’Anu et l’époux de Damkina, la fille d’Alalu.
– Anu est mon père de naissance, Alalu est mon père par les liens du mariage.
Cette union avait pour but d’unir nos deux clans.
Laissez-moi résoudre ce conflit!
Laissez-moi être l’émissaire d’Anu auprès d’Alalu, laissez-moi m’assurer de ses découvertes!
Laissez-moi rejoindre la Terre à bord d’un vaisseau. Avec l’eau, et non avec le feu, je saurai me frayer un chemin à travers le Bracelet.
Je saurai extraire l’or des eaux terriennes, et l’expédierai vers Nibiru.
Qu’Alalu règne sur Terre en attendant la décision des sages.
Si l’or permet de sauver Nibiru, qu’un second combat singulier soit organisé pour déterminer qui doit régner sur Nibiru.
Les princes, les conseillers, les sages, les commandants, tous étaient émerveillés par les paroles d’Ea. Dans sa sagesse, il avait trouvé une solution au conflit.
– Qu’il en soit ainsi! déclara Anu.
Qu’Ea se rende sur Terre, que l’or soit testé.
J’affronterai Alalu une seconde fois, et le vainqueur régnera sur Nibiru.
La décision d’Anu fut transmise à Alalu, qui y réfléchit et accepta:
– Qu’Ea, mon fils par alliance, vienne sur Terre!
Que l’or tiré des eaux soit analysé pour sauver Nibiru.
Qu’un second combat décide du sort du trône.
– Qu’il en soit ainsi! proclama Anu devant l’assemblée.
Enlil s’opposa à cette décision, mais le roi ne se laissa pas convaincre.
Ea se rendit à la base spatiale.
Il consulta les commandants et les sages, étudia les dangers de sa mission, réfléchit à la façon d’extraire et de rapporter l’or.
Il étudia soigneusement les informations transmises par Alalu, et lui demanda d’effectuer plus de tests.
Il conçut une Tablette de la Destinée pour mener la mission à bien.
Si l’eau devait être la force qui allait l’aider, où pourrait-il s’approvisionner?
Où dans le char pourrait-il la stocker, et comment pourrait-il la transformer en énergie?
Sa réflexion dura un cycle entier de Nibiru, puis un autre Shar passa en préparatifs.
Le plus vaste vaisseau spatial avait été équipé pour l’aventure.
Sa trajectoire avait été calculée, une Tablette de la Destinée avait été fixée avec soin.
Cinquante héros furent désignés pour se rendre sur Terre et rapporter l’or.
Anu donna son accord pour le départ.
Les astronomes sélectionnèrent le moment le plus propice.
Les foules se rassemblèrent à la base spatiale pour faire leurs adieux aux héros et à leur chef.
Portant un casque d’aigle et un costume de poisson, les héros embarquèrent un par un.
Ea fut le dernier à monter à bord. Il salua la foule et s’agenouilla devant son père Anu pour recevoir sa bénédiction.
– Mon fils, mon premier-né. C’est un long voyage que tu entreprends, risquant ta vie pour nous tous.
Que ton succès permette de sauver Nibiru du pire. Va, et reviens sain et sauf!
C’est en ces mots qu’Anu fit ses adieux à son fils.
La mère d’Ea, Ninul, le serra sur son cœur.
– Pourquoi Anu m’a-t-il donné un fils au cœur si agité?
Va et reviens! Surmonte les dangers qui se dresseront sur ton chemin! lui dit-elle.
Ea embrassa son épouse avec tendresse,
et Damkina le serra dans
ses bras sans un mot.![]()
Enlil serra la main de son frère.
– Je prie pour que tu réussisses, lui dit-il.
Le cœur lourd, Ea entra dans le vaisseau et donna l’ordre du départ.
Je vais maintenant raconter le voyage d’Ea jusqu’à la septième planète, et expliquer l’origine de la légende du dieu poisson qui est sorti des eaux.
Le cœur lourd, Ea entra dans le vaisseau et donna l’ordre du départ.
C’est Anzu, et non Ea, qui était assis dans le siège du commandant.
Son nom signifiait « Celui qui connaît les cieux ». Il avait été sélectionné spécialement pour cette tâche.
Prince parmi les princes, il avait du sang royal.
Il guida habilement le vaisseau spatial, s’éloignant de Nibiru et se dirigeant vers le lointain Soleil.
Le vaisseau parcouru dix lieues, puis cent, puis mille.
Le petit Gaga vient à la rencontre des héros pour les accueillir.
Il montrait le chemin d’Anu la bleue, la belle enchanteresse.
Anzu, séduit par cette vision, eut envie d’aller examiner ses eaux.
– C’est une planète de non-retour, dit Ea avec force, lui intimant l’ordre de ne pas s’arrêter.
Le vaisseau poursuivit sa route en direction du divin An, la troisième planète.
An reposait sur le flanc, une armée de lunes tourbillonnant autour de lui.
Le Testeur révélait la présence d’eau, on proposa à Ea de s’y arrêter.
Ea déclina, et le vaisseau continua en direction d’Anshar, le prince héritier des cieux.
L’équipage put bientôt ressentir la force de l’attraction d’Anshar et admirer ses anneaux colorés.
Anzu guida le vaisseau avec adresse, évitant une collision.
Ils rencontrèrent ensuite la géante Kishar, première des planètes solides.
Sa force d’attraction était impressionnante, mais Anzu parvint à redresser la trajectoire du vaisseau.
Furieuse, Kishar lançait ses éclairs divins en direction de l’embarcation.
Elle s’effaça lentement pour laisser le char affronter son prochain adversaire.
Derrière la cinquième planète était tapi le Bracelet Martelé!
Ea fit vrombir son invention, le « Propulseur d’eau », se préparant à l’attaque.
Le vaisseau se précipitait vers l’armée de rochers tourbillonnants, qui semblaient autant de projectiles lui étant destinés.
Sur l’ordre d’Ea, un jet d’eau plus puissant qu’un millier de guerriers fut propulsé en avant.
Les rochers s’écartèrent un à un, libérant un passage pour le char!
Mais dès qu’un rocher s’écartait, un autre attaquait à sa place.
Ils étaient si nombreux, une armée criant vengeance pour le meurtre de Tiamat!
Ea continuait à donner des ordres pour que le Propulseur d’eau ne s’arrête pas de tourner.
Il dirigeait des torrents vers l’armée de rochers, qui s’écartaient les uns après les autres, dégageant un passage pour le vaisseau.
Enfin, le chemin fut dégagé et le vaisseau parvint à traverser sans encombre.
Les héros laissèrent exploser leur joie. Ils pouvaient maintenant contempler le Soleil.
Alors que tous se laissaient aller à l’allégresse, Anzu tira la sonnette d’alarme:
– Nous avons utilisé trop d’eau pour nous frayer un chemin.
Nous n’en avons plus assez pour nourrir les Pierres de Feu pour le reste du voyage!
Dans les ténèbres ils pouvaient distinguer la sixième planète, qui reflétait les rayons du Soleil.
– Il y a de l’eau sur Lahmu, dit Ea. Peux-tu y poser le vaisseau? demanda-t-il à Anzu.
Anzu guida le vaisseau jusqu’à Lahmu, et se mit en orbite autour du dieu céleste.
Il annonça que la force de gravité de la planète n’était pas très puissante et qu’il serait facile de lui échapper.
Lahmu était un feu d’artifice de couleurs.
Sa tête et ses pieds étaient blancs, mais son centre était rouge et parsemé de lacs et rivières scintillants.
Anzu ralentit la course du vaisseau et le posa en douceur à côté d’un lac.
Ea et Anzu enfilèrent leurs casques d’aigles et posèrent pied sur le sol.
Sur leur ordre, les héros déployèrent « l’Outil qui aspire l’eau » et remplirent les entrailles du vaisseau.
Pendant ce temps, Ea et Anzu examinèrent les environs.
Le Testeur et la Sonde leur apprirent que l’eau était potable, mais que l’air était trop pauvre pour être respirable.
Tout fut enregistré dans les annales du vaisseau, y compris la raison de ce détour.
Ayant retrouvé sa vigueur, le vaisseau s’éleva dans les airs, faisant ses adieux à l’accueillant Lahmu.
Au loin se détachait l’orbite de la septième planète, la Terre et son compagnon accueillaient le vaisseau!
Dans le siège du commandant, Anzu était sans voix. Ea ne parlait pas non plus.
Leur destination se trouvait devant eux. Son or entraînerait la survie ou la perte de Nibiru.
Anzu dit à Ea que le vaisseau devait être ralenti ou qu’il serait détruit par l’épaisse atmosphère de la Terre.
Ea lui suggéra de ralentir le vaisseau en faisant des cercles autour de la Lune.
Ils décrivirent donc des cercles autour de la Lune, que la Bataille Céleste avait laissée blessée.
Ayant ainsi ralenti le vaisseau, Anzu le dirigea vers la septième planète.
Il en fit deux fois le tour, descendant de plus en plus près de la terre ferme.
Les deux tiers de la planète étaient couleur de neige, son centre était sombre.
Ils pouvaient voir les océans, ils pouvaient voir les terres fermes. Ils recherchaient le phare signalant la position d’Alalu.
C’est à la frontière d’un océan et de la terre, à l’endroit où quatre rivières étaient avalées par des marécages qu’ils le découvrirent.
Anzu déclara que le vaisseau était trop lourd et trop imposant pour les marécages, mais que la gravité était trop forte pour tenter de se poser sur le sol.
Ea lui cria de poser le vaisseau dans l’océan.
Anzu fit une dernière fois le tour de la planète et fit descendre avec précaution le vaisseau vers le bord de l’océan.
Il remplit d’air les poumons de l’embarcation et la posa sur l’eau. Elle ne coula pas.
La voix d’Alalu résonna dans le haut-parleur:
– Bienvenue sur Terre!
Cette annonce permit à l’équipage de déterminer sa position.
Anzu mit le cap en direction d’Alalu, faisant flotter le vaisseau comme un bateau.
Bientôt l’océan se réduisit, des bandes de terre apparurent de chaque côté.
Sur la gauche s’élevaient des collines, sur la droite des montagnes dressaient leur sommet vers le ciel.
Le Char Céleste se dirigeait vers Alalu, flottant sur les eaux comme un bateau.
Devant lui la terre était recouverte d’eau, l’océan cédait la place aux marécages.
Anzu demanda aux héros de revêtir leurs costumes de poissons.
Il ouvrit un panneau du vaisseau et ils descendirent dans le marais.
Ils attachèrent de solides cordes au vaisseau et le traînèrent derrière eux.
La voix d’Alalu se faisait plus proche:
– Dépêchez-vous! Dépêchez-vous! disait-elle.
Au bord du marais, ils aperçurent un vaisseau nibirien luisant dans les rayons du Soleil: le vaisseau spatial d’Alalu!
Les héros accélérèrent la cadence, se hâtant en direction du vaisseau.
Impatient, Ea enfila son costume de poisson. Son cœur battait dans sa poitrine.
Il sauta dans le marécage et s’élança vers la berge.
Les eaux étaient plus profondes qu’il ne le pensait, et il se mit à nager en faisant des mouvements puissants.
Approchant de la terre émergée, il pouvait apercevoir des champs verdoyants.
Ses pieds rencontrèrent la terre ferme, il se mit debout et continua à pied.
Devant lui, il pouvait voir Alalu qui faisait de grands signes pour le saluer.
Il sortit de l’eau et s’avança sur la berge. Sous ses pieds, la terre était noire.
Alalu rejoignit en courant son fils par alliance et le serra dans ses bras.
– Bienvenue en terre étrangère! lui dit-il.![]()
Je vais maintenant raconter la création d’Eridu sur Terre, et comment les sept jours ont commencé.
Ea serra Alalu dans ses bras en silence, ses yeux étaient remplis de larmes de bonheur.
Il se prosterna devant lui, en signe de respect pour le père de son épouse.
Les héros progressaient dans les marais. Vêtus de costumes de poissons, ils se hâtaient vers la terre ferme.
Anzu leur demanda de garder le vaisseau à flot, de jeter l’ancre à l’eau pour éviter la boue des marais.
Les héros gagnèrent la terre ferme et se prosternèrent devant Alalu.
Anzu fut le dernier à quitter le vaisseau et à rejoindre la terre ferme.
Il salua Alalu, qui lui serra la main pour l’accueillir.
Alalu adressa un discours de bienvenue à tous les nouveaux arrivants, puis Ea s’adressa à l’assemblée:
– Sur Terre, je suis votre commandant.
Nous sommes ici pour remplir une mission d’une extrême importance, le sort de Nibiru est entre nos mains! dit-il.
Il observa les alentours, cherchant un endroit convenable pour établir un campement.
Désignant l’endroit où Alalu avait construit une hutte de roseaux, il ordonna aux héros d’y empiler de la terre pour construire un tertre où ériger leur campement.
Il demanda ensuite à Anzu de joindre Nibiru et d’annoncer au roi son père qu’ils étaient bien arrivés.
Bientôt, le ciel se mit à virer au rouge.
Une scène qu’ils n’avaient jamais vue se déroulait devant leurs yeux: le Soleil, devenu une boule rouge, disparaissait à l’horizon!
La peur s’empara des héros. Ils pensaient qu’une catastrophe était peut-être en train de se produire.
Alalu les rassura en riant:
– C’est le coucher du Soleil. Il marque la fin d’une journée sur Terre.
Tentez de dormir un peu, les nuits ici sont incroyablement courtes.
Le Soleil sera bientôt de retour, ce sera le matin sur Terre!
Les héros furent surpris par l’arrivée de l’obscurité, qui séparait la terre des cieux.
Des éclairs transpercèrent l’obscurité, suivis par la pluie et le tonnerre.
Les vents agitaient les eaux, tempêtes créées par un dieu étranger.
Dans leur vaisseau les héros s’accroupirent et se serrèrent les uns contre les autres.
Inquiets, ils ne parvinrent pas à dormir.
Le cœur battant, ils attendirent le retour du Soleil et accueillirent les premiers rayons avec joie et soulagement.
Ainsi se déroula leur première journée sur Terre. Le soir arriva, puis le matin.
À l’aube, Ea réfléchit à la suite des événements.
Il décida de séparer les bonnes eaux des mauvaises et chargea Engur de l’approvisionnement en eau potable.
Engur se rendit avec Alalu à la mare au serpent pour analyser ses eaux, et rapporta à Ea qu’elle fourmillait de serpents. Ea considéra alors les marais, preuve d’abondances précipitations.
Il confia les marécages à Enbilulu, lui demandant de relever l’emplacement des haies de roseaux. Enkimdu fut chargé des fossés et de l’aménagement d’une digue pour marquer la limite des marécages, afin de regrouper les eaux tombées du ciel en un même endroit.
Les eaux du dessus furent ainsi séparées des eaux du dessous, les eaux des marais séparées des eaux douces.
Ainsi se déroula leur deuxième journée sur Terre. Le soir arriva, puis le matin.
Lorsque le Soleil annonça le matin, les héros s’affairaient aux tâches qui leur avaient été assignées.
Avec Alalu, Ea se dirigea vers le verger, afin d’examiner tous les fruits et les plantes qui y poussaient.
– Quelle est cette plante? Et celle-ci? demandait-il à son vizir Isimud.
Isimud, qui avait beaucoup étudié, était capable de distinguer ce qui pouvait être consommé de ce qui ne pouvait l’être.
Il cueillit un fruit pour Ea et un autre pour lui-même. Le fruit était aussi sucré que le miel.
Ea chargea le héros Guru de la nourriture qui pousse sur les arbres et des plantes comestibles.
Les héros avaient ainsi eau et nourriture, mais ils n’étaient pas satisfaits.
Ainsi se déroula leur troisième journée sur Terre. Le soir arriva, puis le matin.
Le quatrième jour, le vent cessa de souffler et les vaisseaux ne furent pas tourmentés par les vagues.
Ea ordonna aux héros d’aller y chercher les outils pour construire des logements.
Il chargea Kulla de façonner des briques d’argile, et Mushdammu de poser les fondations et d’ériger les constructions.
C’était un jour très ensoleillé.
Dans la soirée, Kingu éclairait la Terre d’une lueur pâle.
Une lueur plus douce parmi les dieux célestes pour régner sur la nuit.
Le soir arriva puis le matin, c’était leur quatrième journée sur Terre. Le soir arriva, puis le matin.
Le cinquième jour, Ea demanda à Ningirsig de construire un bateau en roseaux et de mesurer l’étendue des marais.
Ulmash était celui qui sait ce qui nage dans les eaux et ce qui vole dans le ciel.
Ea lui demanda de l’accompagner pour distinguer les créatures comestibles de celles qui ne l’étaient pas.
Nombre d’entre elles étaient inconnues à Ulmash.
Les espèces étaient incroyablement nombreuses.
Les carpes étaient comestibles, mais elles nageaient parmi d’autres poissons qui ne l’étaient pas.
Ea convoqua Enbilulu, le maître des marais, et Enkimdu, chargé des fossés et de la digue.
Il leur demanda de construire un enclos dans les marais à l’aide de roseaux verts, afin de séparer le bon poisson du mauvais.
Grâce à ce piège d’où les carpes ne pouvaient s’échapper, grâce à un enclos pour les oiseaux comestibles, les héros pouvaient manger du poisson et de la viande.
Ainsi se déroula leur cinquième journée sur Terre. Le soir arriva puis le matin.
Le sixième jour, Ea s’intéressa aux créatures qui peuplaient le verger.
Il confia à Enurshag la tâche de séparer celles qui rampent de celles qui marchent.
Enurshag s’exécuta et fit part à Ea de leur férocité et de leur dangerosité.
Ea convoqua Kulla, puis il pressa Mushdammu d’achever la construction des quartiers avant la nuit,
et de les entourer d’une enceinte
de protection.![]()
Les héros s’attelèrent à la tâche, empilant les briques sur les fondations.
Les toits furent faits en roseaux, des arbres furent coupés pour réaliser l’enceinte.
Anzu alla chercher un « Rayon qui tue » dans le vaisseau et installa un « Transporteur de parole » dans la demeure d’Ea.
À la nuit tombée, le campement était terminé et les héros s’y rassemblèrent pour passer la nuit.
Ea, Alalu et Anzu considérèrent avec satisfaction ce qui avait été accompli.
Ainsi se déroula leur sixième journée sur Terre. Le soir arriva, puis le matin.
Le septième jour, les héros étaient rassemblés dans le campement.
Ea s’adressa à eux en ces termes:
– Nous avons entrepris un dangereux voyage.
Le chemin entre Nibiru et la septième planète était semé d’embûches, mais nous sommes arrivés à bon port et avons établi notre campement.
Que ce jour soit un jour de repos, et que dorénavant le septième jour soit un jour de repos.
Que cet endroit porte le nom d’Eridu, la « Maison construite au lointain ».
Honorons notre promesse, et nommons Alalu commandant d’Eridu.
Les héros exprimèrent leur accord à l’unisson.
Alalu prononça quelques mots en signe d’acceptation, puis rendit hommage à Ea:
– Accordons à Ea un deuxième nom, celui de Nudimmud, « l’Habile Créateur ».
Une fois de plus, les héros manifestèrent leur accord.
Le soir arriva, puis le matin. C’était leur septième journée sur Terre.
Je vais maintenant raconter comment la quête de l’or a commencé, et l’échec des projets de sauvetage de Nibiru.
Une fois le campement construit et les héros nourris, Ea se mit à la recherche de l’or.
Les cinq pierres du vaisseau furent agitées, sa Grande Étincelle fut réveillé, l’appareil à aspirer l’eau fut déployé et plongé dans le marais.
Les eaux étaient passées à travers un appareil en cristal qui retenait tous les métaux qu’elles contenaient, puis elles étaient recrachées dans la mare aux poissons.
La création d’Ea était ingénieuse, il était bien un habile créateur! Six jours durant les eaux des marais furent aspirées puis recrachées.
Le septième jour, Ea et Alalu examinèrent les métaux récoltés dans le vase.
Il y avait différents métaux dont du fer, beaucoup de cuivre, mais très peu d’or.
À bord du vaisseau, un autre appareil créé par Nudimmud permettait de séparer les métaux les uns des autres.
Les héros travaillèrent sans relâche pendant six jours, et se reposèrent le septième.
Six jours durant l’appareil de cristal fut remplis et vidé.
Le septième jour, on étudia les métaux collectés.
Il y avait du fer, du cuivre et d’autres métaux.
L’or était le plus rare d’entre eux.
La nuit, la Lune croissait et décroissait, Ea nomma ce cycle « mois ».
Au début de chaque mois, elle avait pendant six jours la forme d’un croissant lumineux.
Le septième jour elle prenait l’apparence d’un demi-disque.
À mi-chemin elle arborait une figure ronde, puis maigrissait de jour en jour.
Ea était fasciné par les mouvements de la Lune, et réfléchissait à l’attachement de Kingu pour Ki.
Pourquoi avoir attaché Kingu à Ki? Que pouvait bien signifier ce signe divin?
Ea avait appelé « mois » le cycle de la Lune.
Dans le vaisseau, les eaux furent filtrées pendant un mois, pendant deux mois.
Tous les six mois, le Soleil donnait à la Terre une nouvelle saison, qu’Ea appela « hiver » et « été ».
L’hiver passa, puis l’été. Ea baptisa le cycle entier « année terrestre ».
À la fin de l’année, on mesura la quantité d’or obtenue. Il n’y avait pas grand-chose à envoyer à Nibiru.
– Les eaux des marécages sont trop pauvres, déplaçons le vaisseau vers les eaux plus profondes de l’océan! dit Ea.
Le vaisseau fut libéré de ses amarres et déplacé vers l’endroit d’où il était venu.
Les appareils de cristal furent éveillés avec délicatesse pour filtrer l’eau salée.
Les métaux furent séparés les uns des autres, et parmi eux brillait de l’or!
Depuis le vaisseau, Ea contacta Nibiru.
Anu fut ravi de l’entendre. Nibiru était en train de se rapprocher du Soleil et donc de la Terre. Anu demanda avec empressement ce qu’il en était de l’or.
Il voulait savoir s’il y en avait assez pour l’expédier sur Nibiru.
Ea lui répondit qu’hélas, la quantité d’or extraite n’était pas suffisante, et lui demanda d’attendre un Shar de plus afin de pouvoir en expédier le double.
Ea continua à extraire l’or des eaux marines, mais son cœur était rempli de doute.
On retira des pièces au vaisseau pour construire une chambre céleste.
Abgal, « Celui qui sait piloter », fut chargé de s’en occuper.
Chaque jour il y montait avec Ea et s’élevait dans les cieux pour étudier la Terre et ses secrets.
Une pièce fut construite pour accueillir la chambre céleste à côté du vaisseau d’Alalu.
Chaque jour, Ea étudiait les cristaux dans le vaisseau d’Alalu et essayait de comprendre ce que leurs rayons avaient découvert.
– D’où vient l’or? Où sur Terre se trouvent les veines dorées de Tiamat? demandait-il à Alalu.
Il montait dans la chambre céleste avec Abgal et partait percer les secrets de la Terre.
Ils survolaient de hautes montagnes, observaient de grandes rivières couler au cœur des vallées.
Sous eux, steppes et forêts s’étendaient sur des milliers de lieues.
Ils remarquèrent de vastes terres séparées par des océans et scannèrent leur sol.
L’impatience grandissait sur Nibiru. Une part croissante de la population se demandait si l’or pouvait vraiment protéger la planète.
Anu ordonna à Ea de livrer l’or extrait jusqu’alors.
Il lui demanda de réparer le vaisseau d’Alalu pour le voyage avant la fin du Shar.
Ea écouta les paroles de son père, le roi. Il devait réfléchir à comment réparer le vaisseau d’Alalu.
Un soir, Abgal posa la chambre céleste près du vaisseau et tous deux y pénétrèrent afin de mener à bien une mission secrète à la faveur de l’obscurité.
Ils prirent les Armes de la Terreur, toutes les sept, et les dissimulèrent à bord de la chambre céleste.
Au lever du Soleil, ils partirent explorer une nouvelle région.
C’est là-bas, dans un lieu secret, qu’Ea dissimula les armes. Il les cacha dans une grotte, un lieu inconnu.
Puis il ordonna à Anzu de réparer le vaisseau d’Alalu afin qu’il soit prêt à se rendre sur Nibiru avant la fin du Shar.
Anzu, spécialiste des vaisseaux spatiaux, se mit à la tâche.
Il fit vrombir à nouveau les propulseurs, étudia soigneusement les tablettes, et découvrit rapidement l’absence des Armes de la Terreur.
Il exprima sa colère devant Ea, qui lui expliqua la raison pour laquelle il les avait dissimulées:
– L’usage des armes est interdit! Elles ne doivent jamais être déclenchées, que ce soit sur Terre ou dans les cieux!
Anzu répliqua que sans elles, le passage du Bracelet Martelé était une entreprise hasardeuse:
– Sans elles, et sans propulseurs d’eau, le danger est trop grand!
Alalu, commandant d’Eridu, prêta attention aux paroles d’Ea et d’Anzu.
– Ea a le soutien du Conseil de Nibiru, dit-il.
– Mais si le vaisseau ne rentre pas, Nibiru sera perdue! s’écria Abgal, « Celui qui sait piloter », en s’avançant hardiment vers les chefs. Je le piloterai, j’affronterai les dangers avec courage! dit-il.
Il fut ainsi décidé qu’Abgal serait le pilote, et qu’Anzu resterait sur Terre.
Sur Nibiru, les astronomes contemplaient les destinées des dieux célestes pour choisir un jour propice.
Des paniers remplis d’or furent portés à bord du vaisseau d’Alalu.
Abgal s’avança jusqu’à l’avant du vaisseau et prit place dans le siège du commandant.
Ea lui confia une Tablette de la Destinée prise dans son propre vaisseau.
– Qu’elle te montre le chemin, qu’elle te permette de trouver le passage! dit-il.
Abgal agita les Pierres de Feu, leur ronronnement était captivant.
Il alluma la Grande Étincelle du vaisseau, qui émit une lueur rougeâtre.
Ea, Alalu et la foule des héros entouraient le vaisseau, lui souhaitant bon voyage.
Puis le vaisseau s’éleva dans les airs et prit la direction du ciel.
Le départ fut annoncé à Nibiru, aiguisant l’attente.
Sitchin Zecharia
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